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Céline témoigne de l’apport du parcours sur son JE

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Si je ne devais repartir qu’avec un seul joyau de ce Parcours qui a fait école en moi… j’élirais cette trouvaille, née de l’intelligence collective d’un petit groupe (dont je n’étais pas), oeuvrant en cercle sur le parquet vivant des Amanins. LACHER/TENIR : tout y est ! La simplicité et la sagesse la plus profonde s’y conjuguent, dans un rapport yin/yang toujours ouvert, jamais acquis.

Tenir mon engagement, à tous niveaux : présence, implication, temps, argent, créativité, tripes… Tenir, à travers ce choix, le risque de choisir, de grandir, sans violence, non sans renoncement.

Lâcher mes attentes, mes préconceptions – ou au moins être consciente qu’il y en a, inconsciemment, même si j’aime à croire le contraire. Lâcher le confort du déjà connu, me laisser être abondamment bousculée dans tous mes êtres. Accepter que ça va souvent être le dawa dans mon habitat partagé intérieur… Me laisser être questionnée, voire labourée dans mon rapport à l’engagement, à l’argent, à la responsabilité, à la sublime et si nécessaire et si difficile souveraineté de chacun…

Lâcher mes peurs d’être, dans un groupe, trop… autoritaire, puissante, directive, contrôlante, castratrice, impatiente, suffisante… effacée, timide… lente, passive, désengagée… inutile, incompétente, immature, branquignole…

Tenir la bienveillance à mon propre égard, l’accueil positif inconditionnel de l’autre, la tendresse envers nos errances malhabiles. Tenir la confiance envers mes possibles, les possibles de chacun, les possibles du groupe.

Tenir l’audace de vraiment faire l’expérience, autant que nécessaire, que « seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin »… Me laisser être prise, surprise, sur-surprise par la fécondité du Nous, de l’Un, de l’Etre ensemble. Découvrir, redécouvrir le génie même de s’offrir d’écouter le centre, la situation elle-même – ah oui ! Bouddha me l’avait déjà dit, j’avais zappé.

Lâcher ma trouille de me rendre compte que je ne suis peut-être pas capable du tout du tout de trouver une juste place dans un Nous. Lâcher ma crainte d’être absorbée/niée/envahie/perdue au sein d’un collectif. Lâcher mon intolérance envers l’Autre – qui, par définition, et heureusement, est Altérité, donc différent de moi…

Lâcher la croyance que me blinder d’outils techniques fera de moi une grande pro compétente – c’est bien la posture sous-jacente qui compte. Comprendre que celle-ci émane comme le fruit d’un chemin de vie, d’un rapport à l’être, peut-être même d’un bagage karmique depuis plusieurs vies. Un fruit, pas un résultat – dans le sens où je pose des actes, au détour des épreuves et grâces de la vie, et je ne contrôle rien du résultat, il émerge de lui-même, il est. Faire l’expérience que c’est cette qualité de présence à la situation, dans la posture du facilitateur, qui me fait me mouiller pour de bon en tant que participante – quels que soient le contenu et la forme du travail en cours.

Tenir cependant la puissance des outils, respecter leur cohérence, leur intelligence propre. Les mettre au service du processus, sans les brader. Me donner les moyens de les connaître, de les pratiquer vraiment, en formation et surtout dans ma vie personnelle et professionnelle – sans tiédeur, malgré leurs passagères lourdeurs.

Tenir la clarté de la proposition que je fais au groupe – pas par principe égotique mais par intuition, au service de l’intelligence de la situation. Peu importe ce qu’est cette proposition. Peu importe la réaction des autres. Plus largement : tenir ma posture, ma verticalité, au grand bonheur de mon intégrité et de mon allure.

Lâcher ma proposition si l’écoute du centre m’y amène. Lâcher ce qui ne tient qu’au fil de Narcisse, dans cette affaire – ce qui est tellement plus facile quand le groupe est bienveillant… Lâcher au point de casser l’image parfois – et bam ! Toutes les cartes sont rebattues, tout l’écosystème reprend sa vitalité spontanée, tous les plis pris s’estompent et laissent place à d’autres synergies – saines parce que hors de tout contrôle individuel.

Lâcher – oser lâcher ! – les processus formels quand l’action directe est plus juste.

Tenir la confiance dans la souveraineté de moi, de l’autre, du Nous – qui réagira pour sûr s’il n’est pas ok.

Tenir les amitiés, les vraies rencontres. Honorer la préciosité de ce Nous, de ces Nous en éclosion. Tenir la qualité de présence à l’autre, à distance et de visu. Tenir la fécondité des unions et projets de tous ordres qui émergent de cela – leur donner voix, leur donner corps, leur donner eau/terre/feu/air. Tenir la responsabilité de cultiver les Jardins du Nous, et d’essaimer.

Lâcher les automatismes de people pleasing, de séduction sociale. Lâcher la pression de plaire à tout prix, d’être copain à tout prix, de promettre de se revoir à tout prix.

Tenir le « répondre plutôt que réagir ». Tenir le courage de mourir et de renaitre, à chaque détour, à chaque pépite. Tenir l’ouverture du cœur. Tenir l’accueil des trésors les plus profonds au travers de la magie des corps, de la musique, des marionnettes, de la poésie même.

Lâcher les plumes de canard qui m’empêchent d’être transformée par ce que m’adressent l’Autre et le Nous. Lâcher le ping-pong au profit de l’accueil réel de la parole et du geste.

Lâcher l’avidité d’une quête d’identité professionnelle, sociale, existentielle… comme si j’allais trouver là une place et une sécurité for ever ever ! Tant pis, tant mieux.

Tenir l’accueil d’une profonde vérité dans les mots d’une comparse : devenir facilitatrice ne prendrait sens pour moi que si cela vient servir ce qui me fait vraiment vibrer ; et je ne pourrais le faire qu’avec mon propre style, à ma sauce, sans validation ultime de quelque mentor.

Tenir la grâce sans la saisir.

Lâcher la lourdeur inutile.

Danser, danser, danser ce chemin… comme un dernier tango.

Céline